S’il ne fait aujourd’hui aucun doute que tous les humains actuels appartiennent à une même espèce, Homo sapiens, la situation était plus complexe dans le passé.
Au cours de la Préhistoire, plusieurs groupes humains appartenant au genre Homo ont coexisté pendant des centaines de milliers d’années.
Lors de leurs migrations hors d’Afrique, les humains modernes (Homo sapiens) ont ainsi rencontré en Eurasie d’autres groupes humains déjà installés, comme les Néandertaliens (Homo neanderthalensis), présents en Europe et en Asie occidentale, ou les Dénisoviens, identifiés en Asie orientale grâce à l’étude de fossiles et de leur ADN.
La question se pose de savoir si ces populations constituaient plusieurs espèces différentes ou une espèce unique.
Problème : les Hommes modernes (Homo sapiens), les Néandertaliens (Homo neanderthalensis) et les Dénisoviens (Dénisova) constituaient-ils plusieurs populations d’une espèce unique ou des espèces différentes ?
Consigne 1 : relever des arguments en faveur de l’hypothèse que les Néanderthaliens, les Dénisoviens et les Hommes modernes constituent des espèces différentes.
Consigne 2 : relever des arguments en faveur de l’hypothèse que les Néanderthaliens, les Dénisoviens et les Hommes modernes constitue plusieurs populations d’une espèce unique.
Document 1 : comparaison anatomique de différents groupes humains ayant coexisté au cours des 200 000 dernières années.
Crâne d'Homo sapiens (à gauche) et d'Homo neanderthalensis (à droite)
Document 2 : répartition des populations humaines il y a 200 000 ans.
Il y a environ 200 000 ans, l’Homme moderne est apparu en Afrique puis une partie de sa population a migré à travers l’Afrique, vers l’Europe et l’Asie.
Document 3 : l’analyse de l’ADN nucléaire.
Cet arbre est construit en comparant les génomes nucléotide par nucléotide (position par position sur l’ensemble de l’ADN nucléaire).
Plus deux branches sont proches, plus les génomes sont similaires.
La longueur des branches est proportionnelle au nombre de différences génétiques observées.
Entre génomes complets, on observe environ :
Homo sapiens ↔ Néandertal : 99,7 % de similarité.
Homo sapiens ↔ Denisova : 99,7 % de similarité.
Néandertal ↔ Denisova : 99,8 % de similarité.
Comparaison entre humains actuels
Même entre deux humains appartenant aux populations actuelles les plus éloignées génétiquement, la similarité est très élevée : ≈ 99,9 % de similarité génétique.
Document 4 : le partage de séquences entre les différents types d’humains.
Les analyses génétiques montrent que certains humains actuels possèdent des segments d’ADN hérités de métissages anciens avec d’autres groupes humains.
⚠️ Important : ces pourcentages correspondent à l’origine de certains segments du génome, et non au pourcentage de différences génétiques totales.
Ces segments d’ADN ont été transmis lors de reproductions entre individus de groupes différents ayant donné une descendance fertile.
Document 5 : la notion d’espèce.
Il existe plusieurs façons de définir une espèce.
Définition biologique : Une espèce est un ensemble d’individus capables de se reproduire entre eux et de donner une descendance fertile.
Définition morphologique et phylogénétique : Une espèce est un groupe d'individus partageant des caractéristiques morphologiques distinctes et une lignée évolutive propre. Elle est séparée des autres groupes par des différences génétiques et anatomiques significatives. D’un point de vue temporel, une espèce est encadrée par un événement de spéciation, qui marque son apparition, et par un événement mettant fin à son existence, soit par une nouvelle spéciation, soit par une extinction.
Chat sauvage européen (Felis silvestris)
Chat sauvage africain (Felis silvestris)
Les deux vivent sur des continents différents (Europe / Afrique) mais appartiennent à la même espèce (Felis silvestris) : ils peuvent se reproduire et avoir une descendance fertile.
Geospiza fortis
Geospiza magnirostris
Ces oiseaux vivent sur des îles différentes, avec peu de contacts. Ils sont considérés comme deux espèces distinctes, malgré une apparence proche.
Chien domestique (Canis lupus)
Loup (Canis lupus)
Malgré des différences morphologiques énormes, ils appartiennent à la même espèce (Canis lupus), car ils peuvent se reproduire entre eux avec descendance fertile.
Coyote (Canis latrans)
Loup (Canis lupus)
Loup gris (Canis lupus) et coyote (Canis latrans) : environ 99,8 % d’ADN commun. Ils peuvent donner des hybrides fertiles (coywolves), mais sont considérés comme espèces différentes à cause de leur écologie et comportement distincts.
Heliconius melpomene
Heliconius erato
Ces deux papillons sont deux espèces différentes, vivant sur les mêmes territoires mais incapables de se reproduire entre elles. Elles ont des motifs d’ailes presque identiques, mais appartiennent à des lignées génétiques distinctes.